Foulques III, dit Foulques Nerra, fut comte d’Anjou de 987 à 1040. Batailleur réputé pour sa cruauté, il est l’un des personnages les plus extraordinaires du Haut Moyen-Âge. On lui doit plus de cent abbayes, églises, châteaux et donjons. Vers l’an mille, au retour d’un pèlerinage en Terre Sainte et en expiation de ses fautes, Foulques Nerra décide de bâtir à Beaulieu une abbaye bénédictine qu’il dédie à la Sainte-Trinité. Il concède aux moines la terre de Beaulieu, les droits de justice et de marché.
Foulques Nerra a presque 70 ans quand il achève son dernier pèlerinage, un âge très honorable à cette époque. Au retour de ce voyage, il meurt à Metz, le 21 juin 1040. Il est inhumé dans l’abbaye de Beaulieu.
L’abbaye, dont les biens étaient considérables, et la ville avec son marché, se développèrent. La cité pris de l’importance : au début du XIIIème siècle, Beaulieu comprenait trois paroisses : Saint-Pierre, Saint-Laurent et Saint-André. La ville était alors Beaulieu, Loches étant la cité militaire dont la garnison défendait et protégeait Beaulieu, son marché, ses moines et ses bourgeois.
De tout temps, un artisanat varié assura la vie matérielle de la population. On comptait par exemple en 1885 quatre tailleurs de pierre avec une trentaine d’ouvriers, cinq sabotiers, trois charrons, un potier et quatre tanneries qui ont aujourd’hui totalement disparu. À la même époque, la culture des champignons se développa dans le dédale des carrières souterraines d’où fut extrait le tuffeau qui servit à construire les murs pendant des siècles. Cette culture spécifique aux caves, la production de mycélium et les conserveries furent toutes fermées dans les années 1980. Deux usines de transformation du caoutchouc s’installèrent également à Beaulieu.
La consécration de l'Abbaye de Beaulieu-lès-Loches par O. Guillhot